A line a day – Une vue

Hello Faries!

Comme annoncé récemment j’ai décidé de partager avec vous certains textes que j’ai écrits. Ils sont parfois assez personnels, toujours mis sur papier sous l’influence d’une idée, d’un moment…
Ce premier texte que je partage avec vous m’a été inspiré par un moment particulier alors que je visitais la magnifique ville d’Avignon.
J’espère qu’il vous plaira. N’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous en pensez, ce qu’il vous a inspiré, etc…
Bonne lecture!

Une vue

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     Du haut des remparts des Jardins, un seul regard embrasse une vision qui attise la curiosité. De là-haut, elle se sent vivante, un léger souffle de vent éparpille ses cheveux autour de son visage. Ce même vent qui fait doucement osciller les pieds de vignes sur la terrasse du premier plan de ce paysage qui la fascine tant. La régularité de l’alignement, l’ordre qui y réside  contraste avec les collines brisées d’où apparaissent, disséminés aléatoirement, quelques villages, une tour, des remparts et de bars d’immeubles. L’ordre et le désordre en un seul coup d’œil, seulement séparés par le fleuve en apparence calme et silencieux.

     Que d’apparences trompeuses! Si l’on s’approchait on entendrait le grondement sourd de la rivière affamée, prête à avaler les égarés et les imprudents, pour n’accepter de les recracher que des kilomètres plus loin si l’envie lui vient.

IMG_0375     Couronnant ces paysages sauvages malgré leur calme apparence, un ciel d’un bleu aveuglant. Le soleil n’est pas au dessus des collines, mais le ciel tente d’imiter son effet, on peut difficilement le regarder en face tant il luit. Le regard ne peut que s’accrocher sur les quelques nuages qui s’étiolent au sommet de la colline la plus haute. Ils semblent vouloir s’attacher à la tour de pierre, se rattacher au souvenir solitaire de l’histoire de ce lieu. Ils sont nostalgiques. Les grands immeubles les dérangent, ils sont fait de béton et d’argent, tandis que la tour qui subsiste est faite de pierre et de sueur.

     D’un seul regard elle embrasse l’histoire du lieu. Elle se sent toute jeune de là-haut, et aussi toute petite. Mais par-dessus tout, au-delà de la mélancolie dans laquelle son regard la plonge, elle se sent exister. Elle ignore quelle est sa place ici, si même elle est supposée en avoir une. Mais elle sait qu’elle est là aujourd’hui, qu’elle est venue en cet endroit précis, qu’elle s’est laissée submerger par les sentiments qu’elle a imputés aux nuages, qu’elle a ressenti cette nostalgie d’un temps qu’elle n’a pas connu, qu’elle a été émue.

IMG_0373 - Copie     Après tout, n’est-ce pas ça, exister. Juste sentir, ressentir, laisser son cœur s’ouvrir. C’est ça, exister. Et c’est le premier pas, le plus dur et le plus facile à la fois, le premier pas vers le présent, le premier pas pour trouver sa place. D’ailleurs, peut-être l’a-t-elle déjà trouvée sa place. Exister suffit. Sa place est ici et maintenant, dans cet instant suspendu, dans cette vision, dans cette pensée. Trouver sa place est un travail de chaque instant, puisqu’à chaque instant notre place change. Elle est dans nos choix, dans nos pensées, dans nos attentes, dans chaque fait et chaque geste. Dans chaque silence et dans chaque regard. Notre place est là où nous nous trouvons, là où nous nous dirigeons. A nous de faire notre place de ce que nous sommes, de ce que nous voulons être.

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6 commentaires sur « A line a day – Une vue »

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