Rien ne s’oppose à la nuit

rien ne s'oppose à la nuit

Résumé : 

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

Auteur : Delphine De Vigan

Mon avis : 

      J’ai enfin lu Rien ne s’oppose à la nuit qui est dans ma PAL depuis un moment grâce à une lecture commune avec une francaise dans la lune et je ne peux que la remercier de m’avoir poussée à me lancer enfin dans la lecture de ce récit biographique. Je vous mets ici le lien vers son article, je sais qu’elle a beaucoup aimé sa lecture elle aussi.

      Delphine de Vigan qui m’avait charmée avec No et moi achève de me convaincre avec cet écrit dans lequel elle aborde un sujet particulièrement difficile : elle raconte sa mère, quelques mois après son décès, sa mère atteinte d’une maladie mentale.

     La maladie mentale est toujours un sujet compliqué à appréhender puisqu’elle est à la fois difficile à comprendre et à décrire. Et l’on oublie souvent l’impact que celle-ci a à la fois sur la personne concernée, mais aussi sur tout son entourage.

      Dans ce qui commence par un récit de l’enfance de Lucile, avant la maladie, l’auteure nous montre déjà à quel point il est difficile d’écrire sur les gens qui nous sont proches, elle nous entraîne dans son processus d’écriture, pour à la fois plus de partage, mais surtout de sincérité.

      Elle alterne entre le récit de la vie de sa mère, et le récit de l’écriture sur sa mère. Elle ne cache rien de la difficulté mais aussi de l’importance que ce travail a représenté pour elle. Elle admet clairement que certains passages sont enjolivés, que les souvenirs ne sont pas parfaits, qu’ils ne concordent pas tous, mais qu’elle les écrit comme elle a besoin de les faire sortir.

       Elle décrit sa mère, ses grands-parents, ses oncles et tantes, les liens qui unissent cette famille nombreuse et atypique. Elle écrit les drames qui semblent s’acharner sur cette famille belle et bruyante. Elle nous entraîne à travers les différentes époques de la vie de sa mère, l’enfance, la fin de l’innocence, l’adolescence, la maternité, l’apparition des premiers signes de folie, les délires, les accalmies, les rechutes, les amours… le fin. La vie de sa mère était loin d’être linéaire. Et l’écrire est loin d’être simple.

      C’est une écriture poignante de sincérité. On se sent proche d’elle. Et au final elle ne raconte pas uniquement sa mère, mais elle-même aussi. Après avoir fini ce livre, j’ai eu envie de lire son livre Jours sans faim dont elle explique qu’il est à caractère autobiographique agrémenté de fiction. L’auteure se dévoile, se met à nu, le tout avec beaucoup de pudeur et de douceur.

     Si je ne devais retenir que deux choses de ce livre ce seraient ces termes : douceur et pudeur. Face à la violence d’une personne malade dont la vie a été parsemée de drames. Ce livre est tout simplement magnifique.

En bref : Une très belle lecture qui finit de me convaincre du génie de Delphine de Vigan à dire des choses difficiles avec une certaine forme de douceur dans son écriture.

Extraits :

« Elle a peur et elle a confiance. La vie se chargera de trancher. »

« L’ennui n’est jamais passager. Il y a bien un remède à cet ennui, mais il est radical et désagréable pour les autres (certains vieilliront, d’autres mourront).
J’aimerais avoir une maladie incurable et mourir jeune. L’année dernière, je n’ai pas eu un rhume. »

« Je vous demande pardon, je n’ai jamais voulu vivre. »

« Lucile nous a laissé ce doute en héritage, et le doute est un poison. »

« Je sais bien que ça va vous faire de la peine mais c’est inéluctable à plus ou moins de temps et je préfère mourir vivante. »

Bonne lecture!

Xoxo

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Un commentaire sur « Rien ne s’oppose à la nuit »

  1. ce livre doit être difficile à lire. J’émets toujours quelques réserves quand il s’agit de lire directement les sentiments et la vie de l’auteur car il m’est difficile de lire ensuite l’une de ses fictions. Mais le sujet m’intéresse beaucoup et ta chronique est très poétique

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