Les Cerfs-volants de Kaboul

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Résumé : Au début des années 70, Amir et Hassan, frères de lait, embrasent le ciel de Kaboul de leurs cerfs-volants. Jusqu’à ce jour terrible où Amir abandonne Hassan à un sort tragique et se réfugie aux Etats-Unis. Vingt ans plus tard, en quête de rédemption, il devra affronter un Afghanistan ravagé sous le joug des talibans… et le poids de son propre passé.

Auteur : Khaled Hosseini

Mon avis : 

     Lire ce livre m’a fait réaliser mon ignorance sur ce qu’il se passe dans cette partie du monde, qui est totalement absente de nos livres d’histoire. J’en avais de vagues notions mais ça s’arrête là. Je pense que je n’avais jamais entendu parler de l’Afghanistan avant le 11 septembre. Mais pour eux, la guerre était déjà là depuis bien longtemps.

      Ce récit n’est pas une histoire de guerre et de combats. C’est l’histoire de deux enfants en temps de guerre. C’est l’histoire de choses horribles qui arrivent à des enfants. C’est une histoire de culpabilité et de rédemption. C’est l’histoire d’Amir et de Hassan, qui commence avant que la guerre n’envahisse leur quotidien, et se poursuit sur plusieurs décennies. Pas exactement une histoire d’amitié, pas tout à fait une histoire de famille.

      L’histoire séparée en trois parties. Chacune renfermant son lot de souffrance et de drame. On a envie de garder espoir, mais face à la cruauté de le guerre, qui fait ressortir le pire chez l’être humain, autant lâcheté que malveillance, on n’est pas sûr de pouvoir.
       J’ai dû fermer le livre à plusieurs reprises et attendre parfois plusieurs jours pour que l’émotion trop forte ait commencé à s’atténuer et me permette à nouveau d’espérer qu’au moins l’un d’entre eux aura, à la fin, droit à au moins une toute petite part de bonheur.

       C’est d’autant plus dur que, sans être basée sur une histoire vraie, celle-ci n’en est pas moins possible ou proche de la réalité. Dans un pays qui n’a connu que la guerre durant des décennies, ce qui est décrit dans ce livre était finalement monnaie courante.

     Le pire, c’est que l’auteur est un génie. Il écrit à la fois avec simplicité et poésie, enchaîne les parties du récit se situant à différents moments dans le temps, de manière à nous faire ressentir bien plus intensément chaque sentiment que les protagonistes ont pu éprouver. Je dois avouer que si l’écriture n’avait pas été si prenante, donnant le besoin d’en savoir plus, je n’aurais certainement pas été bien loin dans le livre.

      Certaines scènes sont vraiment traumatisantes. La première à arriver est en fait annoncée, sans que l’on sache de quoi il s’agit, bien des pages avant. On sait que cette scène va être un tournant décisif dans les vies d’Amir et Hassan. Mais autant on a envie de poursuivre notre lecture, autant on ne veut pas lire cette scène. On ne veut pas y arriver, parce qu’on voudrait qu’elle n’ait jamais lieu, avant même de savoir ce qu’il s’y passe.

     Mon cerveau a refusé certaines informations qu’il a reçues à plusieurs reprises. C’est là que j’avais besoin de faire des pauses de plusieurs jours dans ma lecture. Après ces scènes, on a du mal à imaginer que les choses puissent s’arranger un jour. Mais Khaled Hosseini a ce don de faire replonger dans le livre malgré tout. Il dépeint une vie qu’on ne veut pas voir, mais une fois qu’on a commencé à ouvrir les yeux dessus, on ne peut plus les en détourner.

       Je voudrais dire que ce livre est magnifique, mais je ne suis pas sûre que le terme soit approprié. Il vaut en tous cas, largement la peine d’être lu. Si bouleversant, si bien écrit, il fait voyager et découvrir des contrées dont on ne sait, finalement, presque rien.

En bref : Une histoire dure et bouleversante, dans un contexte dont je ne connais finalement rien, qui m’a laissée en proie à des sentiments très contradictoires. Je préviens, âmes sensibles, s’abstenir.

Extraits :

« Pour vous, un millier de fois. »

« – Les enfants ne sont pas des livres de coloriage. Tu ne peux pas les peindre avec tes couleurs préférées. »

« Je pisse à la barbe de ces singes imbus de leur dévotion. Ils ne font qu’égrener leur chapelet et réciter un livre écrit dans une langue qu’ils ne comprennent même pas. Que dieu nous aide si l’Afghanistan tombe un jour entre leurs mains. »

« La scène date d’il y a longtemps mais, je le sais maintenant, c’est une erreur d’affirmer que l’on peut enterrer le passé : il s’accroche tant et si bien qu’il remonte toujours à la surface. Quand je regarde en arrière, je me rends compte que je n’ai cessé de fixer cette ruelle déserte depuis vingt-six ans. »

« Si les enfants sont nombreux en Afghanistan, l’enfance, elle, y est quasi inexistante. »

« – Je veux mon père et ma mère. Je veux Sasa. Je veux rejouer avec Rahim khan sahib dans le jardin. Je veux notre maison. (Il cacha de nouveau ses yeux derrière son avant-bras.) Je veux mon ancienne vie. »

Bonne lecture!

Xoxo

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2 commentaires sur « Les Cerfs-volants de Kaboul »

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