La Voleuse de Livres

la-voleuse-de-livres-402647Résumé : Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée.
Est-ce son destin d’orpheline de l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt? Ou sa force extraordinaire face aux événements? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre et a même inspiré à la Mort ce joli surnom : la Voleuse de livres…

Auteur : Markus Zusak

Mon avis : Par où commencer? Ce livre m’en entraînée avec lui dans le passé, et m’a faite passer par toutes les palettes des émotions.

      Liesel est une enfant qui va vivre des épreuves terribles au cœur de l’Allemagne nazie. Cette enfant qui n’a a priori rien de particulier, va s’avérer avoir un très grand cœur et une grande force face au mal qui l’entoure. Elle m’a beaucoup émue. Pas parce qu’elle est exceptionnelle, mais parce qu’elle est si humaine. Elle fait des erreurs, des bêtises comme n’importe quel enfant de son âge, elle veut seulement s’amuser et profiter de sa jeunesse. Mais dans un monde où aider la mauvaise personne, dire la mauvaise chose mènent irrévocablement à la souffrance et à la mort, être un enfant est bien plus difficile.  Malgré cela, on la voit s’attacher aux gens qui l’entourent, on ne peut s’empêcher de vivre avec elle ses petites victoires et ses défaites, même si l’on sait pertinemment, nous qui connaissons la suite de l’Histoire, qu’elle peut tout perdre à tout moment, même sa vie.

     D’ailleurs, la narratrice n’est autre que la Mort. J’ai trouvé très original et intéressant cette forme de narration. Elle donne lieu à une écriture assez poétique. Dans le même temps, elle interroge sur la nature humaine. Et enfin, puisque l’on suit le récit d’une fillette jusqu’à ses quatorze ans, on y trouve aussi une certaine naïveté, bien que moindre par rapport à ce que l’on s’attendrait si on la rapporte à notre époque.

     Un autre élément m’a touchée droit au cœur dans ce roman. Il s’agit du pouvoir des mots. C’est le fil conducteur dans la vie de Liesel. Elle vole un premier livre, décide d’apprendre à lire. De là, les mots deviennent ses sauveurs dans sa vie quotidienne. Ils l’accompagnent, l’encouragent, la consolent, la rapprochent. Bref, ils jouent leur rôle pour ceux qui savent les écouter.

     Mais l’autre aspect des mots n’est pas négligé. Avant d’utiliser des bombes et d’armer ses hommes pour le front, l’arme ultime d’Hitler avait été les mots. Des millions d’hommes et de femmes ont connu un destin tragique et révoltant à cause de la force de ces mots… La Voleuse de livres ne l’oublie pas.

     Ce roman m’a donc profondément bouleversée, de par son histoire tragique, de par son personnage principal et ses personnages secondaires tous si humains, avec ce que tout cela peut signifier. Mais il m’a aussi touchée à cause d’autre chose. En effet, mon cerveau n’a pas pu s’empêcher de faire un parallèle entre l’Histoire, et le climat actuel. Hitler a de nouveaux noms, la race supérieure une nouvelle définition, la propagande une nouvelle forme, plus rapide et plus mondiale, la censure aussi fait son apparition… Il y a comme un schéma qui se répète… Les mots ont du pouvoir, beaucoup de pouvoir. Prenons garde à la manière dont ils sont utilisés…

En bref : Certains mots ont ce pouvoir, de venir toucher le cœur au plus profond, de s’y nicher et d’y faire naître un nombre incroyable d’émotions en même temps, bien que contradictoires… Ce livre réunit ces mots.

Extraits :

« Les humains aiment bien le spectacle d’une petite destruction, me semble-t-il. Ils commencent par les châteaux de sable et les châteaux de cartes et ils vont de plus en plus loin. Ils sont particulièrement doués pour ça. »

« Au fond de mon cœur enténébré, je le sais. Il aurait aimé.
Vous voyez?
Même la mort a un cœur. »

« Quand la lecture vint à son terme, il s’endormit. C’est le moment que Liesel choisit pour ouvrir son cœur.
– Papa, chuchota-t-elle, je crois que je vais aller en enfer. »

« Au-dessus de ma tête, il y eut une éclipse dans le ciel, juste un dernier instant de ténèbres, et je jure avoir vu une croix gammée qui traînait là-haut. »

« En conséquence, je trouve toujours des humains au meilleur et au pire d’eux-mêmes. Je vois leur beauté et leur laideur, et je me demande comment une même chose peut réunir l’un et l’autre. »

« Elle sentait ce grand brassage tandis qu’elle parcourait les pages aux ventres pleins à ras bord de paragraphes et de mots.
Petits salauds, pensait-elle.
Jolis petits salauds.
Ne me rendez pas heureuse. Surtout, ne venez pas me remplir pour que je croie que quelque chose de bon peut sortir de tout cela. Regardez mes meurtrissures. Regardez cette écorchure. Voyez-vous l’écorchure que j’ai à l’intérieur? La voyez-vous s’étendre sous vos yeux et me ronger? Désormais je ne veux plus espérer. »

Bonne voyage au cœur des mots…

Xoxo

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6 commentaires sur « La Voleuse de Livres »

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